Crise frontalière de 2021 entre la Biélorussie et l'Union européenne

Crise frontalière de 2021 entre la Biélorussie et l'Union européenne
Principaux itinéraires des migrants illégaux vers la Biélorussie et la frontière avec l'Union européenne.
Principaux itinéraires des migrants illégaux vers la Biélorussie et la frontière avec l'Union européenne.

Type Crise migratoire
Pays Frontière Biélorussie/Pologne
Date Novembre 2021
Bilan
Morts 12

La crise frontalière de 2021 entre la Biélorussie et l'Union européenne est une crise migratoire qui se manifeste par un afflux massif de migrants du Moyen-Orient (principalement d'Irak) et d'Afrique vers la Lituanie, la Lettonie et la Pologne via les frontières de ces pays avec la Biélorussie. Au moins douze personnes meurent en essayant de franchir la frontière polonaise, sécurisée par une clôture de barbelés et des milliers de soldats.

Se greffe sur ce problème la grave détérioration des relations entre la Biélorussie et l'Union européenne, à la suite de l'élection présidentielle biélorusse de 2020, des manifestations biélorusses de 2020-2021, de l'incident du vol Ryanair 4978 et de la tentative de rapatriement de Krystsina Tsimanouskaya.

Les trois pays de l'Union européenne ont décrit la crise comme une guerre hybride par la traite des êtres humains, menée par la Biélorussie contre l'Union européenne, et ont appelé Bruxelles à intervenir. Pour la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en visite à Washington, « Il ne s’agit pas d’une crise migratoire. Il s’agit d’une tentative de déstabilisation menée par un régime autoritaire contre ses voisins démocratiques. C’est l’ensemble de l’UE qui est défiée »[1].

La Cour européenne des droits de l'homme a rappelé, quant à elle, les obligations humanitaires qui s'imposent aux États membres de l'Union européenne.

En Biélorussie[modifier | modifier le code]

Le pays est soumis à des sanctions de la part de l'Union européenne (UE) et des États-Unis depuis 2011. Les premières sanctions du Conseil de l'UE contre la Biélorussie datent de la manifestation réprimée sévèrement lors de l'élection présidentielle de , qui a vu Alexandre Loukachenko poursuivre ses mandats précédents.

Depuis , la Biélorussie fait à nouveau l'objet de sanctions imposées par l'Union européenne, en réponse au détournement du vol Ryanair 4978 par le régime de Loukachenko. L'UE interdit son espace aérien à tout avion biélorusse. Des projets d'investissements sont également gelés. En , l'Union européenne prend une série de sanctions sectorielles économiques. 78 personnalités biélorusses et sept structures sont interdites de circulation dans l'union et leurs avoirs placés dans celle-ci sont gelés[2]. En , les États-Unis adoptent de nouvelles sanctions contre la Biélorussie[3].

Alexandre Loukachenko déclare fin que son pays a servi de barrière au passage des migrants, mais que compte tenu de la pression exercée par l'Occident il ne dissuaderait plus les migrants de transiter vers les pays de l'Union européenne[4]. La Biélorussie est le troisième exportateur mondial de potasse et l'UE envisage de reprendre ce produit utilisé pour la fabrication d'engrais dans la liste des exportations soumises à sanction pour exercer des pressions sur le pays[5].

Contexte du transit vers la Biélorussie en provenance du Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Entrées illégales de migrants
Frontière biélorusso-lituanienne
Période Nombre
2015 280[6]
2017 72
2018 104
2019 46
2020 81
2021 (juin)[7]. 470
2021 (fin juillet) env. 2600
2021 (le ) 4112
2021 (le )[8] 4220

Les guerres qui ont déstabilisé le Moyen-Orient depuis la fin du XXe siècle provoquent des afflux de migrants vers l'Europe à la suite de la destruction des structures civiles des différents états d'où ils proviennent. Les rapports difficiles entre l'UE et la Biélorussie constituent pour eux une opportunité qui est à la source de la crise actuelle à la frontière entre la Biélorussie, la Pologne, la Lituanie, et la Lettonie.

Les migrants prennent d'abord des vols réguliers vers Minsk à partir d'Istanbul ou de Bagdad ou d'autres capitales du Moyen-Orient[9]. Les vols réguliers au départ de Bagdad sont organisés cinq fois par semaine. Puis a été organisé également un vol hebdomadaire depuis Souleimaniye au Kurdistan irakien jusque Minsk. Depuis le , des vols ont été organisés à partir de Bassorah, et depuis le à partir d'Erbil. Comme tous les billets pour Minsk sont vendus immédiatement, des vols charters ont été organisés depuis l'Irak vers Minsk. La Turquie, quant à elle, organise huit vols réguliers par semaine. Pour la compagnie biélorusse Belavia, qui est frappée par les sanctions européennes, c'est une opportunité de poursuivre ses liaisons aériennes et de ne pas devoir voler sans passagers[10]. La compagnie syrienne Cham Wings Airlines organise également des vols pour Minsk à partir de Damas[11].

En Irak, des réfugiés, considérés comme des touristes, sont embarqués sur des vols de diverses compagnies aériennes. Les entreprises touristiques avec lesquelles travaille Minsk doivent réunir, en plus du prix des billets d'avion, une caution variant de 1 500 à 3 000 euros par passager, pour couvrir les risques encourus par la Biélorussie dans le cas où le migrant ne quitterait pas son territoire dans le délai prescrit par son visa et deviendrait ainsi un immigrant illégal. La Biélorussie devrait alors payer ses frais de rapatriement dans le pays d'origine du migrant[10].

Le , l'Irak a arrêté pour une durée indéterminée le trafic aérien de passagers de Bagdad vers Minsk. En revanche, il était prévu à cette date que les vols retours Minsk-Bagdad se poursuivent pour permettre le rapatriement des réfugiés qui le souhaitent vers leur région d'origine[12]. Ainsi, les 9 et , un vol retour vers Bagdad à partir de Minsk a été organisé emportant 300 Irakiens retournant dans leur pays.

En Lituanie[modifier | modifier le code]

Migrants illégaux en Lituanie
par nationalité en 2021 (au [13])
Nationalité Nombre
Irak 2811
République du Congo 204
Syrie 147
Cameroun 134
Afghanistan 101
Russie 93
Biélorussie 91
Iran 87
Autres 444
Total 4220
Entrées des migrants en Lituanie par province

Au printemps 2021, la Lituanie a déclaré constater un flux croissant de migrants clandestins en provenance de la Biélorussie. De janvier à , le nombre de migrants en situation irrégulière dépassait le chiffre de 1 500[14]. En , le président lituanien Gitanas Nausėda a signé un projet modifiant les droits des migrants en provenance de Biélorusse. Il leur est interdit depuis lors de quitter les camps d'hébergement dans lesquelles les autorités lituaniennes les ont installés et la police peut désormais arrêter ceux-ci pour une période de six mois. Certains députés lituaniens se sont prononcés contre ces amendements, estimant qu'il violent les droits de l'homme mais aussi certains principes de la constitution du pays[14].

En juillet, les forces de sécurité lituaniennes ont commencé à installer des barbelés en spirale sur quelques dizaines de kilomètres. Ces mesures ont eu peu d'effets, et, le , le nombre de réfugiés s'élevait à 2 839 selon les autorités lituaniennes[15]. La plupart d'entre eux sont irakiens.

Les autorités ont commencé la construction de villages de tentes à Pabradė, près du centre d'enregistrement des étrangers. Des conteneurs destinés à l'habitation ont également été installés dans un camp militaire dans la Municipalité du district de Šalčininkai. En même temps, les gardes-frontières ont été autorisés à recourir à la force contre les migrants. Un réfugié a été tué par les forces lituaniennes, selon les gardes frontières biélorusses[16]. Ces mesures ont considérablement réduit le nombre de passages clandestins[17]. Le les vols d'Irak vers la Biélorussie ont été suspendus et le nombre de passages frontaliers par les migrants a été réduit à très peu de cas[18]. À cette fin, le ministre lituanien des affaires étrangères Gabielius Landsbergis s'est rendu à Bagdad pour discuter de ces enjeux avec les autorités irakiennes. Il a demandé au gouvernement irakien d'arrêter les vols entre Bagdad et Minsk. Il a également annoncé que les demandes d'asile ne seraient de toute manière pas accordées à ceux qui franchissent la frontière. Début , la Lituanie avait traité 230 demandes d'asile qui ont finalement toutes été rejetées[19],[20],[21].

Le , le Service de protection des frontières de la Lituanie a publié des images montrant le déplacement par les gardes-frontières biélorusses d'un groupe de réfugiés sur le territoire de la Lituanie. À la suite de l'incident, Vilnius a envoyé à Minsk une note de protestation[22].

Camps de réfugiés et heurts avec la population en Lituanie[modifier | modifier le code]

Le , des troubles ont éclaté au centre d'enregistrement pour étrangers à Pabradė en Lituanie. Environ 200 étrangers, principalement des réfugiés irakiens, se trouvaient sur le territoire du centre ainsi que de l'emplacement des tentes pour les migrants. Le soir, un groupe de demandeurs d'asile, qui vivent dans les tentes, ont commencé à exprimer leur mécontentement à propos de leur statut juridique en Lituanie et des limitations et contraintes qui leur sont imposées par le tribunal local. Plusieurs dizaines de personnes ont commencé à se comporter de manière agressive, à faire du chahut, à sortir de l'enceinte du camp et à refuser d'obéir aux ordres des gardes-frontières[23].

Pour éviter les émeutes, les gardes ont utilisé du gaz lacrymogène et ont tiré deux coups de feu en l'air avec des balles en caoutchouc. Bientôt des membres de l'équipe spéciale de sécurité préparée pour des incidents de ce genre, des forces de police locales et d'autres agents de la sécurité publique sont arrivés sur place. Les réfugiés sont alors retournés dans leurs tentes et la situation s'est normalisée. Aucune assistance médicale n'a été nécessaire[23].

Le , certains habitants du village de Rudninkaï (lt) sont sortis dans la rue pour protester contre la construction d'un camp pour les réfugiés. Comme l'a déclaré la ministre de l'intérieur de Lituanie Agnė Bilotaitė, il était prévu de construire un camp pour 1 500 migrants sur le territoire du camp militaire situé à proximité. Les habitants du village ont bloqué avec leurs voitures le passage pour y accéder, ce qui a retardé l'exécution des travaux. Des journalistes locaux ont rapporté que le nombre des participants à cette action était de 500 personnes environ. Des manifestations ont également éclaté dans le village de Dieveniškės. Les autorités locales ont prévu d'accueillir les migrants dans une ancienne école aujourd'hui inutilisée[24].

À la fin , un conflit a éclaté dans le village de Verebiejai (lt) qui compte environ 160 habitants. Les manifestants ont annoncé une grève de la faim, interdisant même aux enfants de manger. Avant cela, des incidents avaient éclaté dans le hameau de Kabelaï et dans la ville de Druskininkai. Une centaine de migrants ont participé à des affrontement avec les forces de l'ordre.

Le , au point de rassemblement de 380 migrants, dans le village de Poudinkaï, ont commencé à se produire des manifestations qui ont été réprimées par la police à l'aide de gaz lacrymogène et de canons à eau[25].

Réponse lituanienne[modifier | modifier le code]

En , la Lituanie annonce la construction d'un mur le long de la frontière avec la Biélorussie, pour éviter les passages de clandestins[26]. Cette barrière métallique de 500 km constituée de fils barbelés devrait avoir un coût de 150 millions d'euros, budgétisé en par le parlement lituanien[27].

En Lettonie[modifier | modifier le code]

En , les migrants clandestins ont organisé un nouvel itinéraire vers l'UE en traversant la frontière entre la Biélorussie et la Lettonie. Le , les gardes-frontières lettons ont arrêté près de deux cent personnes qui avaient franchis la frontière. Selon le chef des gardes-frontières, le processus de passage est organisé pour faire pénétrer simultanément des groupes d'une trentaine de personnes en même temps. Ils sont composés d'hommes mais aussi de femmes et d'enfants[28]. En raison de l'aggravation de la situation, la Lettonie a instauré le régime de l'état d'urgence dans la région frontalière de Krāslava et les districts voisins. Le ministère de l'intérieur a décidé d'envoyer à Daugavpils les forces spéciales de la compagnie basée à Smiltene[29].

Le gouvernement letton a alloué au ministère de l'intérieur un montant de 1,7 millions d'euros pour l'acquisition et l'installation de barbelés à la frontière avec la Biélorussie. La longueur de la frontière est de 173 km. De nouvelles infrastructures seront construites à la frontière pour un montant de 14 millions d'euros[30]

Selon les gardes frontières lettons, les migrants se présentent à la frontière de la Lettonie accompagnés d'employés des services frontaliers biélorusses en armes[31]. Malgré le fait que l'organisation des Nations Unies (ONU) appelle la Lettonie à réviser sa politique à l'encontre des migrants, la ministre de l'intérieur Maria Golubeva affirme que cela ne sera pas le cas et que la Lettonie ne va pas laisser passer tous les migrants et attendre plusieurs mois pour examiner leur demande d'asile[32].

Frontière entre la Biélorussie et la Pologne.

En Pologne[modifier | modifier le code]

Le la Pologne a annoncé la construction d'une clôture à la frontière avec la Biélorusse en fil barbelé concertina de 2,5 m de hauteur. Cette frontière a une longueur totale de plus de 400 km. Le les gardes-frontières polonais ont arrêté un groupe de 13 personnes (12 Polonais et un Néerlandais, vraisemblablement activistes du mouvement polonais Dialogue ouvert), qui détruisaient les clôtures mises en place entre les deux pays[33].

Depuis le , des migrants, originaires pour la plupart du Moyen-Orient, qui tentent de franchir la frontière biélorusse-polonaise ont organisé à proximité du village polonais de Usnarz Górny (situé le long de la frontière) un camp improvisé qui est entouré de soldats biélorusses et polonais de chaque côté des frontières respectives. La Pologne refuse d'accorder des demandes d'asile considérant que les réfugiés doivent introduire une telle demande à Minsk[34],[35],[36].

Le le gouvernement polonais a instauré l'état d'urgence, mesure qui n'avait plus été prise depuis 1981. Ce régime est d'application dans 183 localités de la Voïvodie de Podlachie et de la Voïvodie de Lublin et incluent l'interdiction de manifestations de masse. Les personnes ne résidant pas dans ces provinces ne pourront plus y pénétrer y compris les journalistes sous peine d'amendes ou d'arrestation[37],[38],[39] Le journaliste belge de la chaîne de télévision VTM, Robin Raemakers a également été interpellé par les gardes-frontières polonais le jeudi 11 novembre[40]. Fin septembre, la journaliste de la chaîne Arte Ulrike Dässler, son caméraman et son accompagnatrice, entrés dans la zone « par inadvertance », ont été arrêtés et placés en garde à vue avant d’être présentés, menottés, devant un juge. Leur matériel vidéo leur a été confisqué, avant de leur être rendu. L’équipe s’en est sortie avec une réprimande. Ces arrestations de journalistes sont dénoncés par le quotidien Le Monde qui dénonce le trou noir informationnel et humanitaire provoqué le long de la frontière avec la Biélorussie sous couvert d'état d'urgence décrété par la Pologne : « C’est une sorte de censure préventive exercée sur les médias, dénonce Maciej Piasecki, journaliste du site d’investigation OKO. press, qui a passé plusieurs semaines sur place. La volonté du gouvernement polonais est d’empêcher toute information fiable de sortir de la zone. Il est impossible de vérifier les informations ou les vidéos qui nous parviennent.»[41].

Le , les gardes-frontières biélorusses ont trouvé dans le Canal d'Augustów le corps sans vie d'une Irakienne. À ses côtés se trouvaient les corps de cinq autres Irakiens[42],[43],[44].

Le , les gardes-frontières polonais ont arrêté 11 migrants en provenance d'Afghanistan, du Pakistan et de Syrie arrivés de Slovaquie cachés sous la bâche d'un camions[45]

icône image Images externes
Migrants' camp on Belarusian side of border Camp à la frontière en Biélorussie
Migrants' camp on Belarusian side of border Camp du côté biélorusse à la frontière.
Migrants attacking border fences with logs Migrants attaquant les clôtures frontalières avec des rondins
Polish border guards gardes-frontières polonais
Destroyed Polish border fence with plates Clôtures avec des panneaux détruite en Pologne.
Belarusian military made a chain preventing migrants to go to the legal border crossing and road Les troupes biélorusses forment une chaîne pour empécher les migrants d'aller au poste frontière et à la route.
A migrant cuts tree in Belarus Migrant coupant un arbre en Biélorussie.
A crowd of migrants on 8 November Foule de migrants le 8 novembre 2021.
Belarusian military behind the migrants' camp Militaires biélorusses à l'intérieur du camp de migrants.

Le , la Pologne annonce la mort de cinq migrants à la frontière entre les deux pays. Il s'agirait de migrants qui n'ont pas pu supporter les conditions de vie difficiles dans les forêts entre les deux pays ou qui n'ont pas obtenu l'aide médicale qui leur était nécessaire[46],[47].

Le , un groupe important de migrants (estimés d'abord à plusieurs centaines, puis à plusieurs milliers)[48],[49], accompagnés d'hommes armés (vraisemblablement des forces de sécurité biélorusse) a été observé au passage de frontière Bruzgi (en) - Kuźnica dans l'Oblast de Grodno[50],[51],[52].

Selon les informations provenant de reform.by, la plupart des migrants (des Kurdes irakiens), coordonnent leurs actions en utilisant les réseaux sociaux[53]. Les forces biélorusses n'ont pas laissé les migrants marcher vers la frontière et les ont dirigés vers la forêt voisine[54]. Les deux pays ont diffusé des vidéos qui montraient les migrants tentant de couper les barbelés ou de les détruire avec des troncs d'arbres[55],[56]. Les migrants ont également lancés des pierres et des bâtons sur les gardes frontières polonais, mais en réponse à cela les polonais ont utilisé des gaz lacrymogène[49],[57].

Le ministre de la défense polonais Mariusz Błaszczak a déclaré que la Pologne avait porté le nombre de militaires à la frontière à 12 000 hommes. À h du matin, la Pologne a ferme le poste frontière de Kuźnica. La situation n'a toutefois pas encore débouché sur des affrontements armés[58].

Les autorités de l'UE ont décidé de suspendre partiellement le régime de simplification des visas pour la Biélorussie, et d'adopter un cinquième lot de sanctions dont elle parlait depuis l'été. Le , une réunion des ministres des affaires étrangères des pays de l'UE se tiendra pour mettre au point ces sanctions[59]

Réponse polonaise[modifier | modifier le code]

En , la Pologne annonce la construction d'une barrière métallique de 2,5 mètres de haut sur 150 kilomètres le long de la frontière (qui fait au total 400 km), suite à l'augmentation des entrées illégales d'immigrants depuis la Biélorussie[60]. En , le parlement polonais valide le projet d'un coût estimé à 353 millions d'euros, sans apport de l'Union européenne[61]. Le le ministère de l'intérieur de la Pologne annonce que le gouvernement polonais a décide de construire un mur de 180 km à la frontière avec la Biélorussie[62].

Autres réponses[modifier | modifier le code]

Union européenne[modifier | modifier le code]

Le Conseil de l'UE, dans un communiqué de presse daté du , condamne l'instrumentalisation des migrants et des réfugiés par le régime biélorusse[63].

La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson a rencontré le ministre de l'intérieur polonais Mariusz Kamiński et après cette rencontre, a déclaré que « La Pologne, en tant qu'État membre fort de l'UE, peut montrer que la capacité de protéger la frontière peut aller de pair avec la capacité de respecter les droits fondamentaux et les obligations de l'UE »[64]. Les ministres des Affaires européennes se sont réunis à Luxembourg le pour discuter de la situation en Biélorussie. Pour le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas: « Loukachenko utilise les réfugiés comme instrument de pression sur les États européens »[65].

En décembre 2021, l'Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada mettent en place des sanctions contre 17 individus et 10 entités biélorusses qu'ils accusent de « violations répétées des droits humains », une décision « absurde » selon Minsk[66].

Russie[modifier | modifier le code]

Le ministre de la Défense de la Pologne Mariusz Błaszczak considère que la situation de crise à la frontière polono-biélorusse est le résultat de l'activité de la Biélorussie liée à celle de la Fédération de Russie[67],[68],[69],[70].

Le chef du ministère suédois de la Défense Peter Hultqvist suppose que derrière la crise migratoire à la frontière entre la Lituanie et la Biélorussie se trouve Moscou et lie ces propos aux exercices militaires de la Russie et de ses alliés Zapad-2021[71].

Mateusz Morawiecki, Premier ministre polonais, accuse également Vladimir Poutine de soutenir le président biélorusse Loukachenko en coulisse. Le but, selon le Premier ministre, est de déstabiliser l'Union européenne par une guerre d'un type nouveau dans laquelle les réfugiés sont utilisés comme boucliers humains[72].

Questions relatives aux droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le , la Cour européenne des droits de l'homme a décide que la Pologne et la Lettonie avaient l'obligation de fournir des logements et des vêtements aux réfugiés provenant du Moyen-Orient qui sont bloqués à la frontière de la Biélorussie. La mesure a été prise avec effet jusqu'au puis a été prolongée[73]. L'Union européenne envisage aussi d'interdire les vols de Turkish Airlines et de Flydubai vers des aéroports européens aussi longtemps que ces compagnies seront impliquées dans le transport de réfugiés vers Minsk[74].

Amnesty International accuse les autorités polonaises de procéder à des retours forcés illégaux de migrants provenant de Biélorussie[75].

En , La Pologne a légalisé le refoulement des migrants et des demandeurs d'asile par la force[76], ce qui est illégal en vertu du droit européen et international[77],[78]. Un groupe de défense des droits de l'homme Amnesty International et d'autres organisations de défense ont déclaré que la Pologne et la Lituanie violaient les droits des migrants, en limitant l'accès des demandeurs d'asile sur leur territoire[77],[79]. Eve Geddie, directrice du Bureau des Institutions européennes d'Amnesty International, a déclaré que « Forcer le retour de personnes qui tentent de demander l'asile sans une évaluation individuelle de leurs besoins de protection est contraire au droit européen et international.»[80] La Pologne et la Lituanie ont violé les lois internationales, y compris l'interdiction des expulsions collectives stipulée dans la Convention européenne des droits de l'homme[81],[82].

Réactions[modifier | modifier le code]

Selon les députés européens Bernard Guetta et Raphaël Glucksmann (ce dernier est également président de la Commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, y compris la désinformation), il faut accueillir les migrants et examiner leur droit à un asile, mais aussi prendre des sanctions contre le régime de Loukachenko. Sanctionner les compagnies aériennes complices est une évidence selon eux mais ils trouvent également important de sanctionner fortement la Biélorussie en bloquant ses exportations qui passent à travers la Lituanie et la Pologne pour arriver jusqu'en mer Baltique[83],[84].

Recherche de dialogue avec Minsk[modifier | modifier le code]

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a déclaré dans une interview au Journal du dimanche que « Parler n'est jamais nocif. Nous avons toujours un chargé d'affaires à Minsk… La non-reconnaissance de la légitime de ce régime (NB. dirigé par Loukachenko) ne devrait pas nous empêcher de lui parler quand il s'agit de nos propres intérêts ». Borrell a également déclaré qu'il ne croyait pas à l'idée de construire un mur à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie. Selon lui, il y a plus de murs en Europe qu'à l'époque du mur de Berlin.

Précédemment, le président russe, Vladimir Poutine, a souligné que le président biélorusse et la chancelière Angela Merkel étaient prêts à se parler. Il a exprimé l'espoir que ces négociations auraient lieu puisque c'est en Allemagne que la majorité des migrants espère se rendre. La porte-parole du président de la Biélorussie, Natalia Esmont, a déclaré que Minsk était prête à dialoguer avec Angela Merkel et les autres dirigeants de l'UE[85].

Selon l'agence Belga, Josep Borrell et le ministre biélorusse des affaires étrangères Vladimir Makeï se sont entretenus par téléphone à propos de la crise des migrants le . C'est le premier contact de haut niveau entre Bruxelles et Minsk depuis le début de la crise[86]. Le , la chancelière allemande Angela Merkel s'est entretenue au téléphone avec Alexandre Loukachenko. C'est le premier échange du président Loukachenko avec un dirigeant européen depuis sa réélection contestée en . Ils ont parlé en particulier de la nécessité d'une aide humanitaire aux migrants bloqués à la frontière entre la Biélorussie et l'Union européenne[87].

Premier vol de rapatriement[modifier | modifier le code]

Un premier vol de rapatriement a atterri en Irak le jeudi . C'est un appareil de la la compagnie Iraqi Airways qui a assuré le retour de 431 personnes de Minsk à Erbil. La Biélorussie et l'Irak tentent désormais d'encourager cette inversion des flux migratoires. La Biélorussie estime à 7 000 le nombre de migrants sur son territoire. Elle se dit prête à en rapatrier 5 000 s'ils sont volontaires. Des entretiens entre le président Loukachenko et Angela Merkel ont lieu pour négocier un corridor humanitaire pour évacuer les 2 000 migrants restants[88].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Biélorussie : ne pas céder au chantage de Loukachenko », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « L’Union européenne adopte de nouvelles sanctions contre Minsk après le détournement du vol Ryanair », sur Le Monde, (consulté le ).
  3. « Les États-Unis adoptent de nouvelles sanctions contre la Biélorussie de Loukachenko », Le Monde, (consulté le ).
  4. (be) [1]
  5. Jakub Iwaniuk, « En Pologne, une zone de non-droit sous couvert d’état d’urgence », Le Monde, (consulté le ).
  6. Crise européenne des migrants
  7. (en) [2] Thebault, Reis; Dixon, Robyn (1 August 2021). "Why are so many migrants coming to one of Europe's smallest countries? Blame Belarus, officials say". The Washington Post. Retrieved 2 Août 2021
  8. (lt) Nelegalių migrantų krizė Lietuvą užklumpa nebe pirmą kartą, , Official statistics portal, Lietuvos statistikos.
  9. (ru) Lituanie submergée par un flot de réfugiés « Он называл себя спасителем Европы». Литву захлестнул поток беженцев. Что ждет ЕС и как в этом замешан Лукашенко?, Белорусский партизан, 14 juillet 2021
  10. a et b Vladimir Ioritsye (Владимир Юрицые.) L'express de Bagdad de Loukachenko (ru) Война Миров. «Багдадский экспресс» Александра Лукашенко, Zonakz,
  11. (ru)En Allemagne, on condamne Poutine et Erdogan pour l'afflux de migrants à la frontière UE В Германии обвинили Путина и Эрдогана в доставке мигрантов к границам ЕС: Политика: Мир: Lenta.ru
  12. (ru) L'Irak arrêté pour une période indéterminée les liaisons aériennes avec Minsk (Ирак на неопределенное время останавливает авиасообщение с Минском), delfi.lt
  13. « Nationalité des migrants (Neteisėtos migracijos stebėsena (nuo 2021-01-01)) », sur Department of Statistics, Lithuania, (consulté le ).
  14. a et b (ru) L'année précédente, en 2020, seuls 74 étrangers en situation irrégulière avaient réussi à entrer dans le pays. Cet accroissement du nombre d'immigrant a décidé les autorités de Lituanie à annoncer une situation d'urgence au niveau de l'état lituanien Illégaux de la chronique: les migrants réduisent la Lituanie avec l'esprit, baltnews-lt.turbopages.org
  15. (ru) Protester à la fois les migrants et les locaux: ce qui se passe en Lituanie, Sputnik.
  16. (ru) À la frontière de la Biélorussie et de la Lituanie a été tué illégal migrant, Lenta.ru, .
  17. (ru) depuis que l'ordre a été resserré en Lituanie, seuls 35 réfugiés ont pénétré dans le pays, Eadaily
  18. (ru) le corridor Biélorusse a cessé d'être attrayant pour les migrants dans l'UE
  19. (en) CBC [3]
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  22. (en) « Lithuania says Belarus officers illegally pushed migrants over border », sur BBC, (consulté le )
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  24. (ru) Les Lituaniens protestent contre le camp pour les migrants Жители Литвы протестуют против лагеря для нелегалов, smotrim.ru
  25. (ru) Alexeï Poplavski (Алексей Поплавский.) Menace pour le monde chrétien En Lituanie on exige que soit arrêté le flux de migrants en provenance de Biélorussie «Угроза христианскому миру»: в Литве требуют остановить поток нелегалов из Белоруссии, Газета.ru, .
  26. « Migrants : la Lituanie va construire un mur le long de sa frontière avec la Biélorussie », sur Le Parisien, .
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  29. (ru) Dans les régions frontalières l'état d'urgence est instauré В приграничных краях Латвии введен режим ЧС, [Sputnik], 10.08.2021
  30. (ru) Le gouvernement letton a trouvé l'argent pour construire une clôture à la frontière biélorussse Правительство Латвии нашло деньги на строительство забора на границе с Беларусью, Rubaltic.ru,
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  32. (ru) La ministre de l'intérieur répond aux accusations de l'ONU : La Lettonie n'est pas prête à laisser passer des migrants provenant d'un pays tiers, mixnews.lv,
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