Maître de Rohan — Wikipédia

Maître de Rohan
Naissance
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Décès
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Activités
Maître
Lieux de travail
Influencé par
Œuvres principales

Le Maître de Rohan appelé aussi Maître des Grandes Heures de Rohan est un maître anonyme peintre de miniatures et chef d'atelier anonyme actif entre 1410 et 1435 à Troyes, Paris puis en Anjou. Il doit son nom aux enluminures qu'il a réalisées et dirigées pour un livre d'heures appelé Les Grandes Heures de Rohan, conservé à la Bibliothèque nationale de France (Lat. 9471).

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Ses origines restent obscures, il est peut-être d'origine méridionale, ou plus précisément espagnole, ou à l'inverse, des Pays-Bas du nord. Il est actif avec son atelier dans un premier temps à Troyes, un des rares centres d'enluminures actifs alors en France en dehors de Paris. Il pratique ensuite son art à Paris, dans l'entourage des Maîtres de Bedford et de Boucicaut. À partir de 1420, alors que Paris est occupé par les Anglais, il entre apparemment au service exclusif de la maison d'Anjou et réalise pour elle plusieurs manuscrits. C'est particulièrement Yolande d'Aragon qui est sans doute à l'origine de ces commandes. Le plus connu est celui qui a donné son nom au maître, Les Grandes Heures de Rohan, qui doit son nom aux armes de la famille qui furent rajoutées a posteriori. Il est commandé au début des années 1430 en prévision du mariage de Charles, comte du Maine, et une fille d'Alain IX de Rohan, qui n'eut finalement jamais lieu car les blasons des Rohan n'y sont pas des repeints[1],[2].

Le premier commanditaire connu du peintre est la duchesse Yolande d'Aragon ou son époux Louis II d'Anjou, parents du roi René d'Anjou, qui lui commandent un livre d'heures vers 1416. Ultérieurement modifié par leur fils, il est connu sous le nom des Heures du roi René ou Heures d'Anjou[3].

Longtemps considéré comme à la tête d'un atelier prolifique, son œuvre a été réinterprétée après avoir distingué plusieurs collaborateurs, à tel point qu'on a parlé de « Maîtres de Rohan ». Un artiste a particulièrement été repéré et appelé Maître de Giac. On lui a attribué la plupart des livres d'heures les plus anciens, ainsi qu'une participation au Grandes Heures de Rohan. Il pourrait même s'agir du père et formateur du Maître de Rohan lui-même[4].

Albert Châtelet propose de l'identifier avec Jean Hermant, officier de Jean de Berry de 1398 à 1416, qui s'installe ensuite comme libraire près de l'actuel Boulevard Saint-Michel et fidèle de Jean Sans Peur[5] mais cette hypothèse n'a pas suscité l'adhésion[6].

Œuvres attribuées[modifier | modifier le code]

La Mort devant son jugement, miniature extraite des Grandes Heures de Rohan, BNF, lat.9471

Manuscrits enluminés[modifier | modifier le code]

Autres peintures[modifier | modifier le code]

Ces attributions réalisées par Albert Châtelet ont depuis été remises en causes[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Millard Meiss, French painting in the time of Jean de Berry, t.2 The Boucicaut Master, Londres, 1968
  • Millard Meiss, Marcel Thomas, Les Heures de Rohan (Paris, Bibliothèque nationale, manuscrit latin 9471), éditeur Draeger frères, 1973, 246 p.
  • François Avril et Nicole Reynaud, Les manuscrits à peintures en France, 1440-1520, BNF/Flammarion, , 439 p. (ISBN 978-2080121769), p. 25-26
  • Patricia Stirnemann et Inès Villela-Petit, Les Très Riches Heures du duc de Berry et l'enluminure en France au début du XVe siècle, Paris, Somogy éditions d'art / Musée Condé, , 86 p. (ISBN 2850567426), p. 30-35
  • (en) Stella Panayotova, « The Rohan Masters: Collaboration and Experimentation in the Hours of Isabella Stuart », dans Colum Hourihane, Manuscripta Illuminata: Approaches to Understanding Medieval and Renaissance Manuscripts, Princeton, Princeton University Press and Penn State University Press, (ISBN 978-0-9837537-3-5, lire en ligne), p. 14-46
  • Albert Châtelet, « Le Maître des Heures de Rohan. Jean Hermant », Art de l'enluminure,‎ , p. 4-62 (ISSN 0758-413X)
  • Sophie Brouquet, « Le Maître de Rohan, un « artiste engagé » ? », dans Étienne Anheim, Patrick Boucheron (dir.), De Dante à Rubens : l'artiste engagé, Paris, éditions de la Sorbonne, 2020, p.181-196. Lire en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Avril, Les manuscrits à peinture en France, notice 4
  2. Paris 1400, Notice 232
  3. Châtelet 2019, p. 62.
  4. Panayotova 2014
  5. Châtelet 2019-2020, p. 12.
  6. a et b Mathieu Deldicque, Maxence Hermant, Séverine Lepape et Sophie Lagabrielle (dir.), Les arts en France sous Charles VII (1422-1461), Paris, GrandPalaisRmn, , 304 p. (ISBN 9782711880195), p. 142
  7. Description sur le site de la BL
  8. Notice de la BNF
  9. Notice du Fitzwilliam Museum
  10. Châtelet 2019, p. 7-8.
  11. Châtelet 2019, p. 58-60.